dimanche, février 8, 2026

La numérisation des musées montréalais : des méthodes de tabulation à la réalité virtuelle augmentée

L’histoire de la numérisation, ou plutôt de la digitalisation de Montréal, s’inscrit dans le mouvement mondial vers la numérisation de l’information. Comme on le sait, ce mouvement a débuté avec les premières méthodes de tabulation au XIXe siècle. Plus tard, ce mouvement s’est accéléré grâce au développement de l’informatique au XXe siècle. Il a transformé les pratiques, du moins celles liées à la publication et à la diffusion des connaissances. Des institutions telles que le Centre historique de Montréal de l’Université du Québec à Montréal participent activement à cette transformation en adaptant leurs pratiques muséales et éducatives afin d’intégrer les technologies numériques dans la médiation et la préservation du patrimoine.  Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal-future.com

Le XXIe siècle a marqué un tournant pour les musées montréalais. Ils se sont retrouvés pris entre changements, transformations et réinterprétations. Au cœur de la résolution de nouvelles questions, les institutions culturelles ont été confrontées à un monde où les innovations techniques et les dernières avancées technologiques ont changé la perception de l’espace, du temps et de la culture. Les musées ont donc connu de profonds changements. Dans l’ensemble, ces institutions ont toujours été enclines à repenser leur mission, elles ont constamment cherché et cherchent encore à s’adapter aux besoins et aux attentes de leur public.

Les débuts de la numérisation

L’un des changements les plus importants dans les institutions muséales au cours des deux dernières décennies est l’intégration des technologies numériques. Dans le contexte encourageant des grands projets de numérisation et des innovations dans le domaine des moyens numériques de communication et de médiation, les musées ont la possibilité de revoir leur approche des collections, des expositions muséales et des visiteurs. Les technologies numériques ont modifié leur fonctionnement, créant de nouvelles possibilités pour attirer les visiteurs, éduquer et préserver le patrimoine culturel.

Les technologies numériques utilisées tant dans la gestion des collections que dans la conservation occupent également une place incontestable dans la médiation. Au cœur du transfert des connaissances et du processus d’interprétation, la médiation a pris une importance sans précédent depuis l’avènement de la nouvelle muséologie, théorisée par Hugues de Varine à la fin des années 1960. Aujourd’hui, ce processus est constamment revu afin d’offrir le meilleur service possible aux visiteurs. Conformément à cette logique de démocratisation culturelle et compte tenu de la nouvelle conception du public, les musées passent d’une approche exclusivement axée sur l’objet à une approche axée sur le visiteur.

Ce tournant communicationnel correspond à un changement de perspective et de pratique dans l’approche des musées en matière de communication avec leur public. Il favorise le développement de l’interaction, de l’engagement et du dialogue avec les visiteurs et vise à créer des expériences muséales plus interactives et plus significatives. En d’autres termes, le musée devient progressivement un lieu d’éducation informelle ou extrascolaire.

Au vu de ce qui précède, on peut conclure que les technologies numériques et la médiation visent à faciliter l’accès des visiteurs au musée. Cette affirmation est particulièrement pertinente pour les musées historiques et les institutions chargées du patrimoine culturel. Les musées historiques et les sites du patrimoine culturel collectent, conservent et exposent des objets, des artefacts et des documents liés au passé.

Il convient de rappeler que l’une des principales caractéristiques de ces institutions est qu’elles se concentrent sur l’interprétation et la présentation du passé. Par conséquent, afin d’engager les visiteurs dans un dialogue sur l’histoire, de développer leurs connaissances et de stimuler leur réflexion sur les événements historiques, les peuples et les cultures, ainsi que pour susciter l’empathie historique, les musées sont tout simplement obligés d’utiliser de plus en plus souvent les nouvelles technologies et les outils numériques.

Naissance des appareils numériques

Un appareil numérique, également appelé appareil électronique ou technologique, désigne un ensemble d’appareils ou d’équipements contenant des composants électroniques et informatiques permettant d’effectuer des tâches spécifiques en traitant des données sous forme numérique.

Ces appareils peuvent prendre différentes formes, allant de petits gadgets portables à des systèmes extrêmement complexes. Ils sont utilisés dans de nombreux domaines, tels que la communication, les loisirs, l’éducation, etc. Dans le cas des musées, ils jouent un rôle de plus en plus important, en modifiant l’expérience des visiteurs et en offrant une interaction plus captivante avec les collections et les expositions du musée.

Dans les années 1960 et 1970, certains musées ont commencé à utiliser l’informatique pour gérer leurs collections et, surtout, leurs archives. Les premiers systèmes d’information ont permis de stocker toutes les données relatives aux objets du musée, facilitant ainsi leur recherche et leur gestion en interne. Dès les années 1980, les musées montréalais ont commencé à intégrer l’informatique et la technologie dans leurs moyens de médiation. Cela s’est fait à l’aide d’audioguides électroniques, qui sont encore utilisés aujourd’hui par de nombreuses institutions montréalaises.

Ces appareils portables permettent aux visiteurs d’écouter des commentaires audio sur les artefacts, les lieux ou les objets exposés. Ils jouent en quelque sorte le rôle d’intermédiaire, sans contact humain, en proposant un contenu historique, artistique ou scientifique à un rythme adapté à la vitesse d’apprentissage du visiteur.

On peut donc considérer que l’audioguide est la première forme d’application numérique dans les musées de Montréal. La première apparition du multimédia, que l’on peut qualifier de massive, a commencé dans les années 1990 avec le développement des technologies numériques. Ces installations comprennent des écrans tactiles, des projections vidéo, des animations et des dispositifs interactifs qui permettent aux visiteurs d’explorer les expositions montréalaises de manière plus captivante et intéressante.

Une nouvelle étape dans la numérisation des musées

Avec la popularisation des smartphones et des tablettes tactiles, c’est-à-dire depuis le milieu des années 2000, les musées ont commencé à développer des applications mobiles et des lecteurs multimédias portables afin de fournir des informations supplémentaires à leurs visiteurs. Ces applications donnent accès à des descriptions détaillées, des images, des vidéos et du contenu interactif, renforçant ainsi l’intérêt pour les pièces exposées. L’utilisation de la technologie 3G et des smartphones est devenue populaire en 2009 à Montréal, après l’une des expositions.

Cependant, l’engouement pour les technologies de télécommunication ne concerne pas seulement le secteur muséal de Montréal, car des projets similaires se développent constamment depuis quelques années dans de nombreuses institutions muséales à travers le monde. La diversité et la polyvalence des applications développées par les musées en un laps de temps relativement court donnent une idée de l’ampleur du développement de ce phénomène.

Ils confirment également la pertinence, voire la nécessité, de mettre en œuvre des projets comportant une composante technologique importante, tout en accordant une attention particulière à la qualité du contenu, rappelant que la technologie n’est pas une fin en soi, mais seulement un outil d’interaction avec les visiteurs. Aujourd’hui, les appareils numériques jouent un rôle clé dans les musées des grandes villes, en suscitant l’intérêt des visiteurs et en leur permettant d’interagir de manière impulsive avec les collections et les expositions.

Réalité augmentée

De plus, certaines expositions muséales ont intégré depuis 2015 des technologies de réalité virtuelle et augmentée. Ces technologies offrent aux visiteurs une expérience beaucoup plus immersive, leur permettant par exemple de voyager dans le temps ou d’interagir avec des objets virtuels superposés à leur environnement réel.

À Montréal, le Musée des beaux-arts a utilisé la réalité augmentée pour l’exposition de Jean-Michel Basquiat en 2023. Le musée a chargé un studio de compléter les œuvres les plus remarquables de l’artiste en les replaçant virtuellement dans leur environnement d’origine, à savoir le New York des années 1970 et 1980.

Sources :

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