L’histoire des services de streaming à Montréal est assez complexe, car elle englobe à la fois le développement de la radio et de la télévision locales et la croissance du streaming Internet, un secteur dominé pendant des années par des fournisseurs non canadiens. Les premières émissions de télévision à Montréal ont débuté en 1952 avec Radio-Canada, et la ville est rapidement devenue un centre majeur de production de contenu télévisuel. En 2023, une nouvelle loi sur la diffusion en ligne a été adoptée afin d’encourager la production de contenu canadien, mais le marché reste dominé par les plateformes mondiales. Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal-future.com.
Premier accès au contenu multimédia

Pour parler des services de streaming et de leur développement à Montréal, il faut commencer par la création de la télévision dans la métropole. En effet, c’est la télévision qui a été la première plateforme à donner aux Montréalais accès à des contenus médiatiques tels que des films, des concerts, des émissions, etc., à une époque où Internet n’existait pas encore. On sait que le 6 septembre 1952, Radio-Canada a commencé à diffuser à Montréal. Mais on sait aussi qu’avant cela, la télévision montréalaise avait déjà une longue histoire.
Par exemple, alors que plusieurs expériences clés ont été menées dans le monde dans les années 1920, au cours desquelles des inventeurs ont expérimenté la télévision mécanique, Montréal a lancé une station de télévision utilisant ces technologies en 1931. De plus, la station diffusait son signal dans tout le pays et, même si le Canada ne comptait alors qu’un peu plus de vingt récepteurs, la station VE9EC a continué à émettre jusqu’en 1933.
Elle diffusait des émissions musicales et la pièce radiophonique « Le monde à la maison », à laquelle participait le Montréalais Henri Letondal. Le journal La Presse et la station de radio CKAC se sont lancés dans cette aventure, mais ils n’étaient pas les seuls. En 1933, le grand magasin Eaton’s de Montréal a également tenté d’expérimenter la télévision mécanique.
Les événements liés à l’introduction de la télévision au Canada se sont rapidement accélérés après la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale. Le Conseil national du cinéma et la Canadian Broadcasting Corporation, un organisme public créé en 1936, se sont disputé la responsabilité de la première chaîne de télévision lors des audiences de la Commission Massey.
Finalement, le gouvernement fédéral a quand même donné à la CBC le mandat de créer la première chaîne de télévision canadienne. Cependant, le diffuseur public devait réserver certaines plages horaires à l’ONF. La télévision CBC a finalement été lancée le 6 septembre 1952 à Montréal. La station de Toronto a suivi deux jours plus tard.
Il est naturel qu’au cours des quelques années suivantes, la proportion des ménages québécois, tout comme ceux de Montréal, qui possédaient un téléviseur ait fortement augmenté. Si en 1953, ils représentaient 9,7 %, deux ans plus tard, en 1955, ce chiffre est passé à 38,6 %, puis à 88,8 % en 1960. Il convient également de noter que tout cela a été possible malgré le fait que la station CBFT à Montréal ne diffusait que quelques heures de programmes bilingues par jour pendant les premières années de son activité. La télévision Radio-Canada diffusait toutefois de nombreux films français achetés à France-Film.
Et dès 1958, une loi fédérale a été adoptée, qui autorisait les diffuseurs privés à exercer des activités de télédiffusion. Quelques années plus tard, Paul L’Angle et J. A. DeSév ont ainsi pu fonder la chaîne Télé-Métropole, qui est rapidement devenue célèbre sous le nom de « Canal 10 ». Télé-Métropole a créé le réseau TVA, qui couvrait déjà 94 % de l’audience québécoise en 1977.
L’apparition des plateformes de streaming

Mais le temps ne s’arrête pas, et avec lui, les progrès scientifiques évoluent. Le développement des technologies Internet a atteint un tel niveau que des plateformes en ligne ont commencé à apparaître, offrant un accès continu à une grande variété de contenus médiatiques, y compris la télévision. Tout cela se passe en temps réel via Internet. Les utilisateurs peuvent regarder ou écouter du contenu instantanément, sans avoir à le télécharger. C’est l’un des avantages, mais il y en a un autre : il n’est pas nécessaire de payer un abonnement si l’on utilise la version gratuite avec publicité.
Et c’est là que la télévision canadienne a connu exactement la même histoire que celle qui s’était produite à l’époque avec l’industrie cinématographique après l’apparition de la télévision : elle a commencé à décliner. Aujourd’hui, de plus en plus de Montréalais délaissent la télévision traditionnelle au profit de ces services de streaming. Des études ont même été menées à ce sujet. Selon celles-ci, 42 % des ménages canadiens n’auront plus d’abonnement à la télévision traditionnelle à la fin de l’année 2023. De plus, selon les prévisions des chercheurs, d’ici la fin de 2026, la moitié de tous les ménages ne regarderont plus la télévision traditionnelle.
La situation est devenue si désagréable que le régulateur fédéral des télécommunications envisage d’introduire de nouvelles règles afin de contribuer à uniformiser les conditions de concurrence dans le secteur. Les raisons de s’inquiéter sont réelles et assez importantes. Le rapport indique notamment que plus de 80 % des ménages canadiens sont déjà abonnés à des services de streaming. En outre, même les familles canadiennes qui utilisent encore la télévision traditionnelle sont à 70 % abonnées à au moins une plateforme de streaming.
Spécificités de l’abonnement

En 2023, 2,6 % des abonnés à la télévision ont résilié leur contrat, ce qui a entraîné une baisse de 3 % des revenus des fournisseurs de télévision, soit 7,2 milliards de dollars. Là encore, selon le rapport, ces tendances se maintiendront jusqu’en 2026. En revanche, les revenus des plateformes de streaming canadiennes basées sur un abonnement ont augmenté de 14 % en 2023 pour atteindre 3,73 milliards de dollars. Ils devraient encore augmenter considérablement au cours des prochaines années.
En raison des difficultés rencontrées, notamment par les médias électroniques de Montréal, et du rôle croissant des services de streaming, la Commission canadienne de la radiodiffusion et des télécommunications a dû intervenir d’urgence. À la fin de l’année 2023, l’organisme fédéral de réglementation des télécommunications a tenu des audiences de 15 jours consacrées à la modernisation du cadre réglementaire applicable aux radiodiffuseurs.
Ces audiences se sont déroulées parallèlement à une consultation publique plus large après l’adoption de la loi sur le streaming en ligne, qui a reçu la sanction royale en avril 2023. Cette loi vise à mettre à jour la législation fédérale afin d’exiger des plateformes numériques qu’elles contribuent à la création et à la promotion de contenus canadiens.
L’une des options envisagées par la commission consiste à exiger des diffuseurs étrangers qu’ils versent une contribution initiale au système canadien de contenu. Le régulateur a fait valoir que cela pourrait créer un meilleur équilibre entre les plateformes de streaming et les médias canadiens, qui ont déjà des obligations en matière de contenu canadien.
Loi sur le streaming en ligne

Cette loi garantit un large accès aux histoires et à la musique canadiennes sur les plateformes de streaming. Elle stipule que les diffuseurs, y compris les services de streaming en ligne, doivent respecter certaines conditions :
- diffuser des histoires et de la musique canadiennes ;
- contribuer à la création d’histoires et de musique canadiennes en anglais, en français et dans les langues autochtones ;
- soutenir des systèmes de radiodiffusion qui reflètent la diversité du Canada ;
- rendre les émissions accessibles aux personnes handicapées.
La loi sur la diffusion en ligne a reçu la sanction royale en avril 2023. Il s’agissait de la première grande réforme de la loi sur la radiodiffusion depuis 1991. Elle visait à offrir plus de choix aux téléspectateurs.
Sources :