dimanche, février 8, 2026

Forum sur la gouvernance d’Internet au Québec: un appel à l’avenir d’Internet

Tous ceux qui s’intéressent aux technologies numériques comme moyen de communication en général souhaitent en savoir plus sur les questions politiques et juridiques liées à la « mécanique » de la gouvernance d’Internet, des aspects souvent moins connus et moins étudiés. Pour ces personnes, le Forum sur la gouvernance d’Internet au Québec (FGI) a eu lieu. Organisé au Centre de recherche informatique de Montréal, cet événement a permis d’examiner les problèmes actuels de gouvernance d’Internet à travers quatre grands domaines. Le forum a ainsi offert une meilleure compréhension et sensibilisation aux enjeux mondiaux liés à la régulation d’Internet. Pour en savoir plus, consultez montreal-future.com.

Fractures numériques et accès à Internet

L’événement, dirigé par Internet Society–Chapitre Québec, avait pour objectif de présenter un aperçu des défis actuels liés à la gouvernance d’Internet et à sa régulation. Ces questions ont été abordées lors de quatre panels: fractures numériques et accessibilité universelle, régulation et responsabilités des géants numériques et de l’IA, ainsi que cybersécurité.

L’ICANN régule notamment les noms de domaine de premier niveau, tels que .org, .net, .com, ainsi que ceux liés aux pays comme .ca, .fr, .us, etc. La création et le développement d’Internet ont commencé aux États-Unis, où l’anglais est devenu la langue standard avec des caractères latins appelés « ASCII » (American Standard Code for Information Interchange). Historiquement, les caractères accentués ou non-ASCII n’étaient pas intégrés aux standards d’Internet.

Il est apparu que le domaine .québec n’est pas valide dans le système dit DNS (Domain Name System). À ce jour, seul .quebec sans accent existe. Pourtant, intégrer les accents français au DNS pourrait favoriser une inclusion plus large, notamment pour les langues autochtones.

Lors du premier panel, Jérémie Diaz, chercheur à l’INRS et professeur de géographie à l’UQAM, a présenté ses recherches récentes sur le déploiement de la 5G dans les municipalités. L’intégration de cette technologie dans l’infrastructure urbaine soulève plusieurs enjeux, notamment la densification des antennes nécessaires pour couvrir les zones géographiques. Par ailleurs, la gestion des télécommunications ne relève pas toujours de la responsabilité des villes ou municipalités.

Régulation des plateformes numériques et responsabilités des géants du web

Lors du deuxième panel, les discussions ont porté sur la responsabilité des géants du web. Alain Saulnier, journaliste et ancien professeur invité au département de communication de l’Université de Montréal, a ouvert les débats. Bien qu’il ait récemment publié un essai intitulé Les Barbares numériques : Résister à GAFAM, il a proposé de remplacer « résister » par « libérer ». Depuis plusieurs mois, le Canada tente de mettre en place des lois visant à mieux réguler les plateformes numériques et à restaurer sa souveraineté numérique et culturelle. Les projets de loi C-11 et C-18 visent à contrer l’hégémonie de GAFAM dans l’économie numérique.

Saulnier a conclu sa présentation en appelant à la création de réseaux sociaux publics appartenant à l’État, sur le modèle de Radio-Canada. Une telle initiative pourrait garantir un espace numérique où le journalisme et la culture seraient protégés.

Les panélistes ont également dénoncé les pratiques de GAFAM, notamment la diffusion de contenus journalistiques sans rémunérer les médias d’origine.

Régulation et surveillance de l’IA

Le troisième panel s’est concentré sur les avancées en matière d’intelligence artificielle et sur les règlements adoptés dans certains pays. Plusieurs experts ont mis en garde contre les dangers potentiels de cette technologie, notamment son utilisation abusive pour la surveillance.

Marie Lamèche, chercheuse à l’Institut montréalais pour le génocide et les droits de la personne (Université Concordia), a souligné que les préjugés sexistes sont reproduits dans les algorithmes d’IA, car ces derniers reflètent nos modèles sociaux, y compris les mentalités conservatrices ou réactionnaires. Elle a aussi dénoncé le manque de diversité dans le secteur, rappelant que seulement 22 % des spécialistes en IA sont des femmes.

Hooman Zolfagari, directeur scientifique du Centre de recherche informatique de Montréal, a insisté sur la nécessité de réguler les systèmes d’IA pour réduire leurs biais. Enfin, Thomas M’Boa, du CEIMIA (Centre d’expertise internationale de Montréal en intelligence artificielle), a souligné l’importance de se concentrer sur les humains qui conçoivent et utilisent l’IA. Il a plaidé pour la création d’un comité d’éthique dédié à cette technologie.

Gouvernement numérique ouvert et cybersécurité

Le dernier panel portait sur la gouvernance numérique, la cybersécurité et la protection des données personnelles. Ces dernières décennies, les données des citoyens sont devenues un contenu sensible nécessitant une protection accrue contre les cyberattaques. Cependant, le Canada accuse un certain retard dans l’élaboration de lois sur la confidentialité des données. L’exemple du RGPD en Europe illustre une approche de protection des données.

Steve Waterhouse, consultant en cybersécurité, a proposé la création d’un glossaire pour améliorer la compréhension et l’interopérabilité entre les bases de données publiques. Carol Vaudoué, experte en confidentialité, a mis l’accent sur l’importance de l’anonymisation des données pour renforcer la confiance publique.

Ainsi, le Forum sur la gouvernance d’Internet au Québec a permis de mettre en lumière des enjeux cruciaux pour le futur d’Internet.

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