dimanche, février 8, 2026

Trains sur pneus et le plus grand métro entièrement souterrain du monde: histoire du métro de Montréal

Le métro de Montréal peut sans aucun doute être considéré comme l’un des plus uniques au monde. Cela s’explique par plusieurs raisons. Premièrement, l’utilisation de trains sur pneus, et deuxièmement, le fait qu’il est reconnu comme le plus grand réseau entièrement souterrain au monde. Ces particularités, ainsi que d’autres faits intéressants sur l’histoire du métro montréalais, sont présentés dans montreal-future.

Fondation du métro

Le transport souterrain de Montréal a des décennies d’histoire. La construction du métro a commencé au printemps 1962. Selon les plans des autorités locales et des ingénieurs, l’ouverture était prévue cinq ans plus tard. L’été 1967 était un moment clé pour la ville, qui s’apprêtait à accueillir l’Exposition universelle Expo-67. Cette exposition nécessitait un nouveau système de transport ou une modernisation des infrastructures existantes.

En effet, l’inauguration du métro faisait partie intégrante de l’Expo-67. Lors de cette exposition tenue sur l’île Sainte-Hélène, le réseau souterrain fut présenté comme une avancée majeure dans les transports. L’inauguration officielle a eu lieu à l’automne 1966, sous la mandature du maire Jean Drapeau. À cette époque, le métro comptait 26 stations réparties sur trois lignes. Par son design, ses trains et d’autres aspects, le métro de Montréal s’inspirait directement de celui de Paris, référence pour les architectes et ingénieurs du projet.

Lors de l’Exposition universelle, une ligne spéciale appelée « Expo Express » fut mise en service. Toutefois, cette ligne ne faisait pas partie officiellement du réseau métro et n’était pas connectée à son infrastructure principale. Ce service, exclusivement conçu pour l’exposition, fut rapidement fermé en raison de son manque de rentabilité.

Développement des stations et nouvelles lignes

Initialement, le métro de Montréal comprenait trois lignes. Avant les Jeux olympiques de 1976, une quatrième ligne, la ligne verte, fut ajoutée au début des années 1970. Elle reliait le nord de la ville, où étaient situés le stade et les infrastructures olympiques.

Dans les décennies suivantes, le métro connut de nombreuses améliorations. Entre 1978 et 1982, la longueur de la ligne jaune fut augmentée dans les deux directions. Par la suite, de nouvelles stations furent ouvertes. Durant les années 1980, la ligne bleue fut également prolongée de plusieurs arrêts.

Aujourd’hui, le réseau comporte quatre lignes identifiées par des couleurs. La ligne orange est la plus longue, avec plus de 30 kilomètres, et la plus fréquentée. La ligne bleue, grâce à son tracé particulier, est réputée pour son calme, tandis que la ligne jaune, avec seulement trois stations, est la plus courte. Conçue initialement pour l’Expo-67, elle fut prolongée en 2007 de trois stations vers l’île de Laval, au nord-ouest.

Le développement s’est poursuivi avec l’extension de la ligne bleue au nord-est, dans le quartier d’Anjou. Par ailleurs, le métro a été connecté au transport de banlieue via le train «Exo».

Trains sur pneus

Le métro de Montréal se distingue par ses trains sur pneus, une première mondiale lors de sa mise en service. Cette technologie, peu courante, combine des systèmes sur rails traditionnels et des pneus de caoutchouc. Les voies mesurent plus de 1 400 millimètres de largeur.

Les trains sur pneus circulent sur des chemins en acier ou en béton, réduisant considérablement les vibrations et le bruit, minimisant ainsi l’impact sur les rues et bâtiments en surface. En revanche, les trains classiques provoquent des nuisances sonores et des secousses. Outre Montréal, ce système est utilisé dans les métros de Mexico, Santiago, ainsi que dans plusieurs grandes villes françaises, notamment Paris, Lyon et Marseille.

Le plus grand métro entièrement souterrain

Un inconvénient des trains sur pneus est leur coût d’entretien élevé et leur importante consommation d’énergie. En outre, ils sont inadaptés aux conditions humides, comme la pluie ou la neige. Pour cette raison, le métro de Montréal est entièrement souterrain, sans aucun segment à ciel ouvert.

Avec près de 70 kilomètres de voies et 68 stations, il couvre l’essentiel de l’île de Montréal et atteint le territoire continental via la ligne jaune, qui traverse l’île Sainte-Hélène. Au nord, la ligne orange relie également l’île de Laval. Malgré la complexité des tracés et la proximité des rivières, aucune partie du réseau ne se trouve en surface.

Impressionnant flux de passagers

En termes de fréquentation, le métro de Montréal se classe troisième en Amérique du Nord, derrière New York et Mexico. Au Canada, il est indiscutablement le réseau le plus important. Chaque jour, il transporte 1,3 million de passagers, soit environ 400 millions par an.

Depuis son inauguration, on estime que près de 10 milliards de passagers ont utilisé le métro, en faisant l’un des systèmes de transport les plus sollicités d’Amérique du Nord.

Le métro comme scène pour les artistes

Une particularité notable du métro montréalais est l’espace dédié aux musiciens et artistes. Plus de 40 stations offrent 60 emplacements gratuits pour des performances, identifiables par des panneaux spécifiques. Ces emplacements sont organisés avec des horaires et des règles non officielles.

Les artistes inscrivent leur nom, leur spécialité et leurs créneaux horaires sur un tableau avant de se produire. La plupart sont des musiciens, mais on trouve aussi des jongleurs, acteurs ou sportifs. Certains artistes renommés de la province de Québec ont débuté dans le métro, attirant même l’attention de productions télévisées et cinématographiques, comme le film Musique pour un train bleu (2003), qui explore la vie des musiciens du métro.

En 2009, une association d’artistes du métro a été créée pour soutenir les jeunes talents et promouvoir leur carrière à travers des concours et événements. Cette organisation perpétue une tradition culturelle qui enrichit le métro de Montréal et ses voyageurs.

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