La télévision à Montréal a commencé en 1952. Cette année-là, Radio-Canada a officiellement lancé sa chaîne francophone CBFT dans la ville. Au départ, les émissions, destinées à la minorité de la province, étaient diffusées en anglais. Lisez-en davantage sur l’apparition de la première chaîne de télévision à Montréal sur montreal-future.com.
La télévision mécanique

Cependant, le canal CBFT n’a pas été le premier à voir le jour dans la ville. On sait que dans les années 1920, de nombreux inventeurs à travers le monde expérimentaient la télévision mécanique, utilisant le disque de Paul Nipkow et les découvertes de John Baird. Montréal ne s’est pas tenue à l’écart de ces expériences. En 1931, le journal La Presse et la station de radio CKAC ont lancé une station de télévision utilisant la technologie de la télévision mécanique. À cette époque, il n’y avait que vingt récepteurs à travers tout le pays capables de capter les émissions de la station VE9EC. Malgré cela, la station a poursuivi ses activités jusqu’en 1933. Elle diffusait des programmes musicaux et des pièces radiophoniques, comme Paix domestique avec Henri Letondal dans le rôle principal.
D’autres expérimentateurs ont également tenté des transmissions de télévision mécanique à Montréal. Par exemple, le magasin Eaton a effectué des essais en 1933.
Mais ce n’était pas tout. Pendant les années 1930, plusieurs inventeurs et entreprises commerciales ont cherché à développer et à utiliser les tubes cathodiques pour transmettre des signaux télévisés. Toutefois, le début de la Seconde Guerre mondiale a interrompu le développement de la télévision.
La première chaîne francophone

Après la guerre, les inventeurs se sont remis au travail. Aux États-Unis, des réseaux tels qu’ABC, NBC et CBS ont rapidement gagné en popularité, surtout entre 1945 et 1951. Le nombre de foyers américains équipés de téléviseurs est passé de 10 000 à 10 millions au cours de cette période, et deux ans plus tard, ce chiffre a doublé pour atteindre 20 millions. Cette croissance rapide de la demande a stimulé l’offre. Dans les années 1940, les fabricants nord-américains de téléviseurs ont convenu d’une résolution standard de 625 lignes pour les récepteurs. En 1952, les États-Unis ont introduit le Code de la télévision, régulant les licences publiques et les fréquences. Le Canada a suivi cet exemple.
Finalement, le 6 septembre 1952, la chaîne francophone CBFT a été lancée à Montréal par Radio-Canada. Elle diffusait également des programmes en anglais. Notamment, cela s’est produit deux jours avant le lancement de son équivalent anglophone à Toronto, CBLT.
La télévision pour tous

Suite à cette avancée, le nombre de foyers québécois équipés de téléviseurs a rapidement augmenté. En 1953, seulement 9,7 % des foyers possédaient un téléviseur, mais ce chiffre est monté à 38,6 % en 1955, puis à 88,8 % en 1960. Cela, malgré le fait que, pendant les premières années, CBFT ne diffusait que quelques heures de programmes bilingues par jour. De plus, la chaîne proposait des films français de France-Film, une entreprise canadienne de distribution de cinéma fondée en 1930 pour promouvoir les films français dans le pays.
En 1958, une loi fédérale a permis l’entrée en scène de diffuseurs privés. Deux ans plus tard, Paul L’Anglais et J.A. De Sève ont fondé Tele-Metropole, une chaîne privée qui allait rapidement devenir connue sous le nom de « 10e canal ». En 1977, Tele-Metropole a acquis le réseau TVA, atteignant jusqu’à 94 % de l’audience du Québec.
L’impact du développement télévisuel
Le développement rapide de la télévision au Québec, et à Montréal en particulier, a apporté des avantages mais aussi des inconvénients. Avec l’arrivée des téléviseurs dans chaque maison, l’industrie du cinéma au Québec a marqué un ralentissement, et la fréquentation des cinémas a chuté.
Cependant, il est aujourd’hui impensable d’imaginer notre vie sans télévision.