Montréal est considéré comme le troisième centre mondial de l’industrie aérospatiale. Les traditions de l’industrie aéronautique et l’expertise des ingénieurs locaux ont hissé la ville au rang de leader de l’aviation mondiale. Les premiers passionnés ont tenté d’y effectuer des vols dès la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Par la suite, un vol reliant Montréal à Amsterdam est devenu l’un des premiers vols transatlantiques réguliers. Aujourd’hui, la ville abrite plusieurs écoles professionnelles d’aviation, un musée dédié à ce domaine, et ses aéroports accueillent chaque année des millions de passagers venus des quatre coins du monde. Découvrez l’histoire et l’évolution de l’aviation à Montréal sur montreal-future.
Premiers vols commerciaux et ouverture d’un aéroport
Au début du XXe siècle, l’entreprise «Marconi» a vu le jour à Montréal. Elle a été la première au Canada à développer l’industrie aérospatiale. Montréal a été choisie comme siège en raison des nombreuses tentatives de vols professionnels et de conception aéronautique observées dans la ville durant la décennie précédente. L’entreprise a attiré les meilleurs ingénieurs locaux, et en 1907, Montréal a été témoin du résultat de leur travail: Lawrence Lesh a effectué le premier vol plané de l’histoire du Canada.

Quelques années plus tard, l’entreprise s’est concentrée sur le développement de vols commerciaux. Le premier vol de ce type a été réalisé sous la direction de Stuart Graham, qui avait auparavant effectué des vols d’observation pour surveiller les feux de forêt. Plus tard, avec son épouse à bord, il a survolé les provinces du Québec et de la Nouvelle-Écosse. Elle est d’ailleurs devenue la première Canadienne à participer à un vol professionnel. En 1924, «Marconi» a inauguré la première liaison aérienne régulière au Québec, reliant Montréal à la région d’Abitibi.
En 1927, Montréal a inauguré l’aéroport de Saint-Hubert, considéré comme le plus ancien du Canada et toujours en activité aujourd’hui. La piste mesurait plus de 62 mètres et avait été conçue pour accueillir également des dirigeables. L’un de ces engins a atterri au Canada à l’été 1930. Pendant 13 jours, cet appareil fascinant a survolé plusieurs villes canadiennes, attirant plus de 500 000 spectateurs dans les aéroports de Montréal, Ottawa et Toronto.

Production à grande échelle et premier vol vers l’Europe
Dans les années 1930, l’entreprise «Pratt & Whitney Canada» s’est installée à Montréal et a lancé la fabrication de moteurs d’avion, ce qui a donné un élan considérable à l’industrie aéronautique québécoise. La société fabriquait, réparait et entretenait des moteurs pour les modèles d’avions les plus répandus.
En 1936, Montréal a assisté au vol de l’appareil « Norseman », qui desservait les régions les plus reculées du nord du Canada. L’avion a connu un grand succès et sa production en série a été lancée, avec près de 1 000 unités vendues dans le monde entier. L’année suivante, «Air Canada» a débuté ses opérations à grande échelle, avec son siège social à Montréal. Aujourd’hui, cette entreprise est la plus grande compagnie aérienne du Canada, avec plus de 30 000 employés.
En 1941, le Québec a ouvert un nouvel aéroport, Dorval, destiné aux vols européens. Ce site a été le point de départ de l’une des plus anciennes routes transatlantiques au monde, reliant Montréal à Amsterdam en 1949. Pendant les décennies suivantes, Dorval est devenu le principal aéroport international des compagnies aériennes canadiennes, avec une forte croissance des transports aériens et de la construction d’avions après la Seconde Guerre mondiale.

L’industrie aérospatiale à Montréal
Une étape majeure dans l’industrie aérospatiale canadienne a été la création de «Canadian Aviation Electronics» à Montréal en 1947. Dans sa première décennie, l’entreprise se concentrait sur la réparation de composants aéronautiques sophistiqués. À partir des années 1960, elle a commencé à produire des simulateurs de vol, révolutionnant la formation des pilotes et les techniques de pilotage. Aujourd’hui, cette entreprise domine le marché mondial des simulateurs de vol, représentant plus de 80 % des ventes.
«Pratt & Whitney Canada» a conçu le moteur PT6, un succès commercial majeur grâce à ses innovations techniques. Plus de 50 000 unités ont été produites, faisant de ce moteur le plus vendu dans l’histoire de l’aérospatiale. Dans les années 1960, Montréal s’est imposée comme un centre d’innovation aéronautique, participant notamment à des projets majeurs tels que le module lunaire Apollo 11. Les trains d’atterrissage de cet engin spatial historique ont été fabriqués par «Héroux-Devtek», une entreprise située dans la banlieue de Montréal.

L’aviation militaire et anti-incendie de «Canadair»
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’industrie aéronautique québécoise s’est fortement concentrée sur les avions militaires. « Canadair » a joué un rôle de leader, en fournissant notamment les premiers bombardiers à eau CL215 à l’aviation militaire française. Ces appareils amphibies, utilisés pour lutter contre les incendies de forêt, ont été exportés à plus de 4 000 exemplaires vers l’Europe. L’entreprise a également connu un grand succès commercial avec des avions d’affaires comme le «Challenger», vendu à plus de 1 000 unités dans le monde entier.

L’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau
L’aéroport principal de Montréal est aujourd’hui l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Fondé en 1927 sous le nom de «Saint-Hubert», il a été déplacé à son emplacement actuel pendant la Seconde Guerre mondiale pour servir de base à l’aviation militaire canadienne. À cette époque, il disposait de trois pistes pour accueillir des milliers d’appareils alliés.
À partir des années 1950, l’aéroport est devenu le principal nœud transatlantique du pays. En parallèle, la ville construisait l’aéroport de Mirabel pour désengorger Dorval. Bien que critiqué pour son coût, Mirabel reste aujourd’hui un centre important pour le transport de fret.
Depuis 2004, Dorval porte officiellement le nom de «Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau», en hommage au 15e Premier ministre du Canada, considéré comme le « père du Canada moderne ». Chaque année, cet aéroport accueille plus de 13 millions de passagers, reliant Montréal à plus de 100 destinations sur cinq continents.