dimanche, février 8, 2026

L’histoire des tramways de Montréal: des calèches aux lignes à grande vitesse

Au début des années 1930, les lignes de tramway de Montréal s’étendaient sur plus de 500 kilomètres. Pendant la première moitié du XXe siècle, le tramway constituait le principal moyen de transport en commun de la ville. Cependant, en 1959, la municipalité a abandonné ce mode de transport. Ce n’est qu’au début du XXIe siècle que la ville a réalisé son erreur. En effet, le tramway s’est révélé être le moyen de transport le plus écologique et très pratique pour les habitants. Globalement, l’histoire des tramways de Montréal peut être divisée en trois grandes périodes : le transport hippomobile, l’électrification des lignes et le tramway moderne à grande vitesse. Découvrez comment ce moyen de transport a vu le jour à Montréal et pourquoi la ville a radicalement changé d’avis sur son potentiel sur montreal-future.com.

L’apparition du tramway à Montréal: transport hippomobile et premiers itinéraires

L’histoire du tramway à Montréal commence à la fin des années 1840, avec la mise en place du premier itinéraire reliant le port à la gare ferroviaire. Cependant, ce n’est qu’en 1861 qu’un réseau ferroviaire de grande envergure a vu le jour. Durant cette période, une compagnie de transport de passagers a été fondée et a mis en place un réseau de tramways hippomobiles, qui est rapidement devenu très populaire. À cette époque, la population de la ville augmentait rapidement : entre 1830 et 1860, le nombre d’habitants a triplé. Montréal avait donc besoin de nouvelles solutions d’infrastructure.

Les principales lignes de tramways hippomobiles suivaient un tracé parallèle au fleuve Saint-Laurent, avec des itinéraires passant par les rues du Havre, Notre-Dame et McGill. En quelques décennies, le réseau s’est étendu vers le nord et le sud de la ville. Au fil des trente années suivantes, une dizaine de nouvelles lignes ont été créées, desservant tous les quartiers. À son apogée, la compagnie de transport comptait plus de 1 000 chevaux, 150 tramways, 104 traîneaux et 49 omnibus. En hiver, comme les rues n’étaient pas déneigées, le type de transport variait selon les conditions climatiques.

Grâce à ce réseau, Montréal a pu répondre aux besoins de ses habitants tout en développant de nouveaux quartiers. Cependant, l’entretien des chevaux et le recours à un personnel nombreux représentaient des coûts importants. Le prix du billet restait élevé pour les classes ouvrières. La municipalité envisageait donc de passer à l’électrification des lignes, espérant un meilleur rendement financier.

L’électrification des lignes

Le premier tramway électrique de Montréal a commencé à circuler à l’automne 1892. Portant le numéro 350, il a été surnommé «La Fusée». Quatre ans plus tard, la ville avait totalement abandonné les tramways hippomobiles. L’électrification des nouvelles lignes a été menée rapidement, facilitant également le déneigement des rues. Le nombre de passagers n’a cessé de croître : il est passé de 11 millions la première année à plus de 110 millions en 20 ans.

Montréal a introduit des innovations majeures pour améliorer le confort des passagers et l’efficacité du service. En 1905, la ville a mis en place un système de paiement à l’embarquement, une première mondiale. Ce système permettait aux passagers de régler leur trajet dès leur montée à bord, sans interrompre le mouvement des tramways.

Dans les années 1910, le réseau comptait plus de 370 kilomètres de voies. La compagnie de transport urbain a fusionné avec un réseau ferroviaire suburbain, ce qui a permis d’étendre encore plus le réseau. À son apogée en 1930, le réseau de tramways atteignait 510 kilomètres de rails, comprenait 50 lignes, 1 200 tramways et employait près de 1 500 personnes.

Le déclin progressif et l’abandon des tramways

Le premier coup dur pour le tramway est survenu pendant la Grande Dépression, qui a affaibli de nombreux secteurs économiques. Cependant, pendant la Seconde Guerre mondiale, les tramways ont repris de l’importance, transportant quotidiennement des ouvriers vers les usines. La pénurie d’essence a également incité de nombreux automobilistes à utiliser les transports en commun.

À la fin de la guerre, le réseau de tramways nécessitait des réparations majeures et de nouvelles infrastructures. Cependant, la popularité croissante des automobiles a entraîné une baisse continue du nombre de passagers. Dans les années 1950, Montréal a commencé à démanteler son réseau de tramways au profit des autobus. Ce processus s’est terminé le 30 août 1959, lorsque le dernier tramway a circulé sur la rue Rosemont.

Retour des tramways dans les rues de Montréal

L’abandon des systèmes étendus de transport en commun vers la fin du XXe siècle a transformé les villes d’Europe et des États-Unis en mégapoles inconfortables, bruyantes et polluées. Diverses études ont montré que les besoins des piétons et des cyclistes avaient été relégués au second plan, tandis que l’intensité de la circulation automobile atteignait des niveaux préoccupants. Les villes européennes ont amorcé de vastes changements, suivies par les métropoles américaines et canadiennes, puis par d’autres pays du monde.

En 2000, les urbanistes et responsables politiques de Montréal ont commencé à envisager sérieusement le retour des tramways dans les rues de la ville. Pour cela, ils ont mené une étude approfondie dans plusieurs villes françaises. Quatre ans plus tard, Montréal a officiellement approuvé un plan régissant le développement du réseau de transport public, avec une priorité donnée au tramway. Les années suivantes ont été consacrées à des recherches supplémentaires et à des consultations publiques sur le déploiement des nouvelles lignes. En conclusion, le centre-ville de Montréal a été désigné comme l’endroit idéal pour ce réseau de tramways.

La construction d’une ligne de 13 kilomètres comprenant 32 stations a été évaluée à plus de 800 millions de dollars. Ce coût a suscité des débats au sein des cabinets gouvernementaux. Notamment, le ministre des Finances de la province de Québec s’est opposé à ce projet. Toutefois, la ville a finalement trouvé les fonds nécessaires. En 2018, le nouveau gouvernement a placé le développement des tramways parmi ses priorités.

À partir de 2019, trois lignes de tramways ont fait leur retour à Montréal. Parmi celles-ci, une grande boucle au centre-ville mesure plus de 6,5 kilomètres de long. Une autre ligne s’étend le long de l’avenue du Parc et du boulevard René-Lévesque sur près de 7 kilomètres. Enfin, une troisième ligne suit le chemin de la Côte sur plus de 8,4 kilomètres. Chaque année, ces lignes accueillent environ 32 millions de passagers, avec plus de 100 000 trajets par jour en haute saison touristique.

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