dimanche, février 8, 2026

Comment on a été construit le pont Jacques-Cartier reliant Montréal à la Rive-Sud

Montréal, comme on le sait, est une ville insulaire. Ainsi, comme toutes les villes insulaires, elle dépend des ponts qui unissent ses différentes parties pour former un tout. Découvrez l’histoire de la création de l’un des plus anciens ponts de Montréal sur montreal-future.com.

Une décision pour construire un pont

En 1875, les autorités de Montréal décidèrent de relier la ville à la Rive-Sud et annoncèrent la construction d’un nouveau pont. Ce dernier devait permettre la circulation des trains et des véhicules automobiles. Les ingénieurs locaux élaborèrent un plan de construction et choisirent l’emplacement le plus approprié. Selon ce plan, le pont devait être construit approximativement à l’endroit où il se trouve aujourd’hui. Cependant, après des calculs plus précis, le projet fut abandonné, prétendument en raison de son coût élevé.

Au début des années 1920, la ville relança le projet. En 1925 commencèrent les travaux préparatoires, notamment l’analyse des sols, une étude de faisabilité technico-économique et la préparation des plans techniques. Tous ces éléments furent achevés et les plans approuvés à l’été 1926. À l’aube de la construction du « pont de la Rive-Sud », tout était prêt.

Les entrepreneurs et la pierre angulaire

L’entrepreneur principal de la construction était le groupe SMDB, composé de SNC-Lavalin inc., Montacier inc. et Demathieu & Bard S.A. Fait intéressant, l’entreprise Demathieu et Bard est encore active aujourd’hui et spécialisée dans la construction de ponts routiers et ferroviaires ainsi que de viaducs en France.

Le 9 août 1926, à l’angle des rues Notre-Dame et Saint-Antoine, qui s’appelait alors Craig Street, la première pierre du pont fut posée.

Dans cette pierre angulaire se trouve une «capsule temporelle». Elle contient une liste des 59 lieux les plus populaires de Montréal dans les années 1920. Cette capsule ne pourra être ouverte qu’à l’avenir, si le pont est démoli.

Le pont du Havre

La construction dura presque quatre ans. Lors de la cérémonie d’inauguration en mai 1930, le pont reçut son premier nom: Pont du Havre, en l’honneur de la Commission portuaire de Montréal qui supervisa et contrôla les travaux. Mais en juin 1934, lors de la célébration du 400e anniversaire de la découverte du Canada, le pont fut renommé par le gouverneur général. Il prit alors le nom de Pont Jacques-Cartier, en l’honneur du découvreur du Canada.

À cette époque, le pont était payant. Les usagers devaient s’acquitter d’un péage pour le traverser. À l’origine, seuls les paiements en espèces étaient acceptés, mais plus tard, il fut possible d’acheter des jetons valables pour deux ponts montréalais : Jacques-Cartier et Champlain. Ces postes de péage ont existé pendant des décennies et ne furent abolis qu’en 1962.

Traverser le pont à vos frais

Jusqu’en 1962, tous les usagers, qu’ils soient piétons ou propriétaires de véhicules, devaient payer pour traverser le pont. Par exemple, un piéton, un porteur de charrette ou un cycliste payait 15 cents. Si un animal était transporté, les frais variaient entre 3 et 15 cents selon sa taille. Un motocycliste devait s’acquitter de 25 cents, tout comme un automobiliste, avec un supplément de 15 cents par passager.

Pour les autobus, les camions ou les transports à traction animale, le tarif était plus élevé. Si votre charrette était tirée par un chien ou une chèvre, vous payiez également 15 cents. Toutefois, les enfants de moins de 5 ans traversaient gratuitement.

Une anecdote marquante

Une histoire intéressante est liée à la construction du pont Jacques-Cartier. Selon les plans initiaux, le pont devait commencer à la rue Bordeaux. Cependant, un certain Hector Barsalou, propriétaire d’une petite fabrique de savon située sur la rue de Lorimier près du boulevard de Maisonneuve, refusa de céder son terrain pour libérer l’espace nécessaire à la construction. Par conséquent, l’accès au pont dut être déplacé.

Cet incident, qui coûta des millions de dollars à la municipalité et au gouvernement du Québec, conduisit à une réforme législative. Depuis, les autorités disposent de pouvoirs accrus pour résoudre de tels litiges.

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