Le sanctuaire, devenu l’un des symboles de la ville canadienne de Montréal, attire chaque année l’attention de millions de touristes et de pèlerins. L’Oratoire Saint-Joseph est l’une des structures les plus majestueuses et emblématiques de la ville. Il a été construit dans un lieu symbolique, sur la montagne du Mont-Royal. À travers les époques, ce temple a accueilli le pape Jean-Paul II, Mère Teresa ainsi que le Dalaï-lama. Qui et comment l’Oratoire Saint-Joseph a été construit, et pourquoi le bâtiment est-il si important pour Montréal ? Plus d’informations sur montreal-future.
Saint Alfred Bessette – un guide spirituel sans qui l’Oratoire n’aurait pas existé
Le principal bâtisseur de l’oratoire était le moine André, dont le nom de naissance était Alfred Bessette. La vie de cet homme semble quelque peu mystérieuse, voire mystique, pour de nombreux historiens. André est né en 1845 dans une famille pauvre d’un village provincial du Québec. Il était le huitième enfant de la famille. À un âge très jeune, le garçon devint orphelin, et quatre de ses frères aînés étaient déjà décédés.
Orphelin dès l’âge de 12 ans, Alfred fut élevé par sa tante. Trouver des petits emplois était difficile pour lui en raison de problèmes de santé constants. À la recherche d’opportunités et d’une vie meilleure, Alfred voyagea en Amérique, puis revint bientôt au Canada pour s’installer à Montréal. Il travaille dans la basilique Notre-Dame de Montréal. Puis il décida de rejoindre la congrégation de la Sainte-Croix, recevant le nom d’André à l’âge de 25 ans. Il choisit de ne pas prendre immédiatement les vœux monastiques.

Selon la légende, André aurait eu un rêve dans lequel Saint Joseph lui demandait de guérir les gens de ses dons. Après cela, André comprit qu’il était temps de changer sa vie. Il décida de guérir ses collègues, les élèves et leurs familles. De manière étrange, il réussissait à les soulager de diverses affections, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Bien qu’il n’ait jamais étudié la médecine, il réussissait à aider les gens à surmonter leurs maladies.
La fondation de l’Oratoire Saint-Joseph
Bientôt, de nombreuses personnes commencèrent à demander l’aide de frère André. Il cherchait un endroit digne où il pourrait accueillir et aider ces personnes. André décida de construire une chapelle de ses propres mains. En 1904, il posa les fondations d’un petit temple, marquant le début de l’histoire de l’Oratoire Saint-Joseph. Avec le temps et l’augmentation des nécessiteux, frère André eut besoin d’un bâtiment plus grand. Il rêvait depuis longtemps d’un sanctuaire imposant pouvant accueillir de nombreux pèlerins venus de toute l’Amérique du Nord.
La construction d’un nouvel édifice commença en 1917 et fut longue. Avant même que le temple ne soit complètement achevé, il fut ouvert en 1924. Après la mort de frère André, en 1967, l’Oratoire Saint-Joseph prit sa forme définitive. À son décès, le moine avait 82 ans, mais son œuvre vivait et prospérait. La ville possédait désormais un sanctuaire véritablement majestueux.
L’Oratoire Saint-Joseph fut construit sur le Mont-Royal, symbole de Montréal. Le sanctuaire domine le centre-ville, et son dôme est le troisième plus grand au monde, après la basilique Notre-Dame-de-la-Paix à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire et la basilique Saint-Pierre à Rome. L’Oratoire atteint une hauteur de près de 130 mètres, bâti en granit et en cuivre. Les ingénieurs et architectes venaient de France.
Le plus grand sanctuaire du Nouveau Monde
En 2005, l’édifice est inscrit sur la liste des monuments nationaux et des patrimoines architecturaux du Canada. L’Oratoire Saint-Joseph demeure le plus grand sanctuaire non seulement au Canada, mais dans toute l’Amérique du Nord. Il revêt une immense importance pour Montréal. La pointe du dôme est le point le plus élevé de la ville, et un règlement municipal interdit même la construction de bâtiments plus hauts.
Pour atteindre le sanctuaire, il faut gravir plus de trois cents marches partant du pied du Mont-Royal. Chaque année, de nombreuses personnes empruntent ce chemin. Voir l’Oratoire Saint-Joseph – l’un des sanctuaires majeurs des chrétiens d’Amérique du Nord – est possible depuis presque n’importe quel point de Montréal.

Un centre pour des millions de pèlerins
Ce temple est un point essentiel de pèlerinage catholique dans le monde entier. On estime que chaque année, plus de deux millions de personnes visitent l’Oratoire Saint-Joseph. L’intérieur peut accueillir jusqu’à 10 000 fidèles. L’Oratoire abrite divers lieux de culte pour les pèlerins : le musée de l’Oratoire, celui du guide spirituel frère André, une crypte et d’autres lieux de culte.
Des hypothèses existent sur les nombreuses guérisons de personnes handicapées. À l’Oratoire, on peut voir un mur où sont accrochées des centaines de béquilles, symbole de guérison. Nombreux sont ceux qui viennent au temple en montant à genoux. À cet effet, une partie des marches est spécialement aménagée en bois. Les pèlerins croient que cela leur procurera la guérison par l’intercession de Saint André.
Le fondateur, bâtisseur et guide spirituel de l’Oratoire, frère André, fut proclamé saint. Le Vatican a documenté des guérisons dans le temple par les prières de ce moine et l’a béatifié en 1982 par le pape Jean-Paul II, qui a visité ce sanctuaire. En 2010, le pape Benoît XVI a proclamé frère André saint et l’a canonisé. Bien que l’Oratoire soit officiellement classé basilique par le Saint-Siège, il attire un nombre impressionnant de fidèles catholiques et a une grande importance pour l’histoire et les traditions de l’Église sur le continent américain.
Dans la salle des reliques de l’Oratoire repose le cœur de frère André. Son corps repose dans un grand tombeau sous la chapelle de ce sanctuaire. Cette disposition aurait été prise selon la volonté de frère André. C’est pourquoi les pèlerins du monde entier cherchent à recevoir la bénédiction du guide spirituel et adressent leurs prières à lui. De plus, il existe une tradition consistant à monter les 99 marches de l’Oratoire en récitant une prière à Saint André.
Une attraction touristique de Montréal
L’Oratoire Saint-Joseph n’intéresse pas seulement les pèlerins catholiques, mais également les touristes. Chaque jour, des messes y sont célébrées en français, en anglais et en espagnol. En plus des offices religieux, des événements culturels se tiennent également dans ce lieu. Festivals, manifestations artistiques et concerts ont lieu au sein du sanctuaire. Entre 1955 et 1975, le compositeur renommé Émilien Allard donne des concerts dans ce sanctuaire.
Dans le temple, on peut également voir les objets personnels d’André Bessette et les pièces où le moine vivait. Au-dessus de son tombeau se dresse une statue de granit. De nombreuses personnes viennent voir et photographier le véritable cœur de ce moine, conservé dans le musée. À l’Oratoire, il est traditionnel de former des compositions et des messages avec des bougies.

Pour les touristes, l’infrastructure de la basilique a été améliorée, notamment avec des escalators et des ascenseurs. Après la montée des 300 marches, les visiteurs peuvent profiter de ces équipements pour plus de confort. Les ascenseurs du temple sont aussi équipés d’écrans informant sur l’histoire du sanctuaire et ses traditions.
À la fin des années 1980, l’Oratoire Saint-Joseph est devenu un lieu de tournage pour le film Jésus de Montréal. Ce film du réalisateur canadien Denys Arcand a reçu de nombreuses nominations pour des prix internationaux, y compris l’Oscar. Il raconte l’histoire d’un jeune acteur montréalais souhaitant réaliser un film sur la Passion du Christ. La majorité des scènes ont été tournées sur le site de l’emblématique Oratoire.