dimanche, février 8, 2026

L’Orchestre Symphonique de Montréal: les quatre étapes de l’établissement des traditions de musique classique à Montréal

L’histoire de la musique symphonique à Montréal est marquée par l’existence non pas d’un seul orchestre symphonique, mais de quatre ensembles successifs, chacun contribuant à l’établissement des traditions musicales dans la ville. Le premier orchestre a été dirigé par Guillaume Couture de 1894 à 1896, le deuxième par J.-J. Goulet de 1898 à 1919, le troisième par J.-J. Gagnier de 1927 à 1929, et le quatrième, la Société des Concerts Symphoniques de Montréal, fondée en 1934. Depuis 1980, l’Orchestre Symphonique de Montréal est devenu l’un des plus grands orchestres du Canada, inégalé dans son interprétation et, par conséquent, dans ses tarifs. En 1954, il adopte une appellation bilingue «Montreal Symphony Orchestra» pour revenir à son nom uniquement en français en 1979. Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal-future.com.

Les origines de l’Orchestre Symphonique de Montréal

Dès 1845, une annonce dans Le Spectateur canadien invitait les instrumentistes montréalais à former une philharmonie. Ce n’est qu’en 1863 qu’est fondée la Société Philharmonique du Canada, regroupant une trentaine de musiciens. Lors de leur premier grand concert au Nordheimer Hall, le 26 mars, l’orchestre interprète l’ouverture d’Auber La Muette de Portici et accompagne le Stabat Mater de Rossini. Peu après, sous la direction de Frantz Jehin-Prume, six Concerts de musique de chambre classique sont organisés au Mechanics’ Hall au début de l’année 1871. Ainsi commença l’aventure.

Le 28 mai 1877, pour son concert inaugural, la Philharmonie de Montréal réunit un orchestre pour accompagner Le Messie.

À cette époque, Arthur Boucher utilise pour la première fois le terme «Montréal Symphony». L’année 1891 marque un tournant pour la création d’un orchestre à Montréal, avec l’arrivée d’Ernest Lavigne d’Europe, qui amène une trentaine de musiciens qualifiés, principalement de Belgique, pour rejoindre l’orchestre du Sohmer Park.

Cet orchestre ne dure que quelques saisons, et ni le conservatoire ni les projets ambitieux de Lavigne n’ont pu se concrétiser. Cependant, certains musiciens s’installent à Montréal et forment le noyau du premier Orchestre symphonique de Montréal, fondé en coopérative sous la direction de J.-J. Goulet, son premier violon solo.

Guillaume Couture en prend la direction pendant deux saisons, de 1894 à 1896, au Windsor Hall. Pendant cette période, quarante musiciens donnent dix-huit concerts. Le public apprécie particulièrement la première symphonie de Beethoven interprétée par l’orchestre, et la presse locale prédit que Montréal pourrait bientôt posséder un orchestre du calibre de l’Orchestre Lamoureux à Paris.

Malheureusement, après deux saisons réussies, des conflits internes entraînent la dissolution de l’orchestre. Ainsi, Montréal reste sans orchestre symphonique pendant toute la saison 1896-1897 et la première moitié de 1897-1898.

Le deuxième Orchestre Symphonique de Montréal

En 1898, J.-J. Goulet réforme un orchestre symphonique, rassemblant une trentaine de musiciens et s’engageant à couvrir les déficits de sa poche en cas de besoin.

Le premier concert du nouvel orchestre, dirigé par Goulet, a lieu le 14 janvier 1898 au Queen’s Hall, avec le soliste Joseph Saucier. Au programme: l’ouverture de Guillaume Tell et la symphonie militaire de Haydn. Entre 1898 et 1899, cet orchestre bien organisé donne douze concerts, avec Victor Pelletier comme secrétaire (violoncelliste) et Frank A. Veitch comme administrateur.

Après l’incendie du Queen’s Hall en 1899, l’orchestre déménage au Windsor Hall. En 1903, avec quarante-cinq musiciens, il s’installe à l’Académie de musique. Le répertoire choisi par Goulet est parfois ambitieux, avec les symphonies n°2, 3, et 4 de Beethoven, n°7 et 8 de Schubert, et n°3 et 4 de Mendelssohn. Cependant, ces œuvres ne sont pas toujours exécutées dans leur intégralité.

La Première Guerre mondiale entraîne une diminution des concerts, et l’orchestre donne son dernier concert au Princess Theatre en 1919.

Le troisième Orchestre Symphonique de Montréal

Le troisième orchestre symphonique est fondé en décembre 1927, et son premier concert a lieu le 22 janvier 1928 au Princess Theatre. Dirigé par J.-J. Gagnier, avec Frank Stephen Meighen comme président, l’orchestre interprète la symphonie Oxford de Haydn, Le Festin de l’araignée de Roussel et Caractacus d’Elgar. Le répertoire comprend des œuvres de Schubert, Beethoven, Wagner, Sibelius, Ravel, et Honegger, mais la crise économique finit par avoir raison de l’orchestre.

Vers 1930, Eugène Chartier fonde l’Orchestre Philharmonique de Montréal (initialement l’orchestre du Conservatoire national de musique), qui se produit à l’hôtel Mont-Royal.

La Société des Concerts Symphoniques de Montréal

L’idée de fonder un nouvel orchestre prend forme grâce à une campagne de presse et un financement de 3000 dollars du gouvernement du Québec. Un comité est formé, et le premier concert est donné le 14 janvier 1935 à l’auditorium Le Plateau. Les fondateurs incluent Louis-Athanase David (président d’honneur), Ernest Tétreault (président), ainsi qu’Annette Doré, Ubald Boyer, Victor Doré, Jean S. Lallemand, et Henri Letondal. L’orchestre est composé en majorité de musiciens franco-canadiens.

L’orchestre reçoit son statut officiel en 1939. Des chefs d’orchestre et solistes de renom viennent de l’étranger, tels que Vladimir Golschmann, Jean Morel, et Alexander Brailowsky. En fin de compte, le chef belge Désiré Defauw est choisi pour diriger l’orchestre. Son expérience et sa réputation internationale apportent beaucoup à l’orchestre.

Defauw initie divers événements, comme un festival Beethoven et des concerts de gala de printemps, qui présentent des œuvres comme Boris Godounov et La Damnation de Faust. Pendant cette période, les chefs les plus célèbres, tels que Sir Thomas Beecham, Leonard Bernstein, et Fritz Busch, se produisent avec l’orchestre.

L’orchestre connaît des moments de gloire, avec des concerts, des victoires lors de concours, et un succès grandissant. Cependant, il traverse aussi des conflits internes et des grèves. Finalement, dans les années 2000, l’orchestre décline, en partie à cause de la baisse d’intérêt pour la musique classique.

Latest Posts

....... . Copyright © Partial use of materials is allowed in the presence of a hyperlink to us.