Aujourd’hui, la modification de textes est une opération banale. En saisissant une phrase sur un ordinateur, un téléphone ou une tablette, il est facile de l’effacer ou de la réécrire. Mais il y a peu de temps encore, l’humanité ne disposait pas de la possibilité de corriger si aisément des erreurs dans des textes imprimés. Les machines à écrire furent le premier moyen universel de produire des documents, mais travailler avec ces appareils exigeait précision et attention, car les fautes de frappe ne pouvaient être corrigées qu’avec du ruban correcteur, ou nécessitaient de réimprimer entièrement la page. L’apparition des traitements de texte a considérablement simplifié cette tâche, remplaçant les machines à écrire dans les bureaux. L’un de ces appareils a été inventé à Montréal. Découvrez les détails dans cet article sur montreal-future.
Le rôle de Stephen Dorsey dans le développement des traitements de texte
Stephen Bernard Dorsey est un ingénieur et entrepreneur canadien né le 10 juillet 1937 à Montréal, au Québec. Après avoir obtenu son diplôme secondaire, il intègre le Massachusetts Institute of Technology, qu’il termine avec succès.
En 1967, Stephen Dorsey fonde à Montréal Automatic Electronic Systems Inc. (AES). Cette entreprise développe son propre microprocesseur, constitué d’un ensemble de 50 circuits intégrés, qui servira à concevoir le traitement de texte AES-90. Cet appareil innovant non seulement remplaça les machines à écrire dans les bureaux, mais établit aussi une tendance qui influencera l’évolution future des traitements de texte et leur adoption mondiale.
L’arrivée de l’AES-90 sur le marché

Selon le site The Canadian Encyclopedia, au début des années 1970, de nombreuses entreprises utilisaient une machine à écrire spéciale, la Mag Card Selectric d’IBM. Celle-ci permettait d’enregistrer chaque page dactylographiée sur une carte magnétique insérée dans une petite console où il était possible de corriger ou réécrire des phrases. Cette machine fut la première commercialisée comme traitement de texte.
En 1973, la société montréalaise Automatic Electronic Systems Inc. lance une version améliorée de ce concept : le traitement de texte AES-90. Ce dernier combinait une machine à écrire, un clavier, une disquette, un microprocesseur et un écran à tube cathodique (CRT).
D’ici 1978, AES, aux côtés d’IBM, devient l’un des principaux fournisseurs de technologies de traitement de texte au Canada.
Les fonctionnalités de l’AES-90
Grâce à son clavier, l’utilisateur pouvait saisir des mots affichés sur un écran. Une disquette de 8 pouces permettait d’enregistrer jusqu’à 100 pages de texte. Chaque document était automatiquement indexé dans le système, ce qui facilitait son ouverture rapide. Le modèle AES-90 proposait de nombreuses fonctions que l’on retrouve aujourd’hui dans les ordinateurs personnels.

À l’aide de commandes via des boutons, l’utilisateur pouvait modifier l’ordre des mots, supprimer des termes incorrects, déplacer des lignes ou réorganiser des paragraphes. L’appareil proposait également des fonctions telles que le centrage automatique des titres, le flux de texte dynamique et l’alignement automatique. Une fois le texte finalisé, l’AES-90 permettait d’imprimer automatiquement à une vitesse de 175 mots par minute, permettant à l’utilisateur de se consacrer à d’autres tâches. Cet appareil est devenu la première version simplifiée d’un ordinateur personnel.
La publicité de l’AES-90 mettait en avant une augmentation de la productivité des employés de bureau jusqu’à 300 %. Le prix de cet appareil était de 14 900 dollars américains, et il est rapidement devenu un succès commercial pour Automatic Electronic Systems Inc.. Les ventes annuelles atteignirent 200 millions de dollars. L’entreprise créa une filiale dans le Vermont et ouvrit des bureaux aux États-Unis.